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LA   PATRONNE DES MUSICIENS

Origines d'une origine

 

C'est au XV' siècle que sainte Cécile commence à être considérée comme la patronne de la musique. Elle est représentée avec un ins­trument, symbole de la musique,

qui n'apparaissait jusqu'alors nulle par comme attribut de cet art.

De nombreux auteurs, s'inspirant les uns des autres, répètent que sainte Cécile fut une grande musicienne. Rien ne permet de l'affir­mer ni de l'infirmer; aucun

document consacré à l'illustre martyre n'en fait mention ni directement ni indirectement.

Au XII' siècle, on trouve une trace de la « musicalité » de Cécile dans un texte allemand, dont voici la traduction d'après le diction­naire de Dom Cabrol:

« Son jeûne et ses larmes — Avaient une telle « puissance devant Dieu — Qu'ils attiraient sans cesse près d'elle « les anges — Sa prière pénétrait les oreilles de

Dieu — Comme si « retentissaient les doux chants d'un orgue. »

Selon le « Dictionnaire d'archéologie chrétienne », la musicalité de sainte Cécile serait due à une omission de trois mots « in cordo suo » (en son coeur) à la première

antienne de «Laudes», dans l'of­fice de sainte Cécile. C'est ainsi que sainte Cécile se vit honorée au moyen âge comme patronne de la musique religieuse.

Voici le texte de l'antienne qui a été le point de départ de celte légende :

Cantantibus  organis,   Caecilia  Domino  decantabat

(Tandis  que chantaient les orgues ou instruments, Cécile chan­tait au Seigneur)

Décent: Fiat cor meum immaculatum ut non confondar.

(Disant : Gardez mon cœur sans tache afin que je ne sois pas confondue.)

Ce dictionnaire précise que la légende de sainte Cécile musicienne a une origine liturgique, puisqu'elle chantait silencieusement dans son cœur, pendant le festin,

à l'occasion de son mariage avec Valérien.

Le chant de Cécile était donc différent de celui qu'entendaient les convives. Sa mélodie intérieure était bien supérieure à tous les concerts. C'est cette supériorité qui a

inspiré aux artistes l'idée de la représenter avec les attributs de la Musique. L'Eglise a béni cette pensée. L'apôtre dit que le chrétien ne doit pas seulement prier,

mais qu'il  doit  chanter à  Dieu.

Les œuvres inspirées par Cécile

S’inspirant de Maderno, peintres et sculpteurs ont consacré à sainte   Cécile  de  magnifiques  œuvres  qui  viennent  enrichir   chaque année  le souvenir de la Protectrice 

de la Musique.

De nombreux poètes et compositeurs de musique en France, en Italie, en Allemagne, en Angleterre ont chanté les louanges de la Vierge Romaine. Citons l'Ode de

Haendel sur des vers de Dryden, l'Oratorio de Liszt, l'Ode de Gounod, etc... Les compositions dédiées à sainte Cécile, dont la liste serait trop longue à énumérer,

 enrichis sent continuellement le répertoire des œuvres qui lui sont consa­crée.

D'innombrables associations portent le nom de Sainte Cécile; la plus ancienne est sans doute celle fondée à Rome par Palestrina.

La congrégation romaine Sainte Cécile, fondée en 15S4 devint en 1847, sous le pontificat de Pie IX, l'Académie du même nom.

En 1820, Charles Sellier fonde la chorale « Les Céciliens ».

Dans l'antiquité, les musiciens avaient un guide divin; Orphée est le plus connu. Les clercs du moyen âge eurent un chef mystique à la suite de l'interprétation

erronée du texte latin (page 13), ce qui donna naissance au culte charmant voué à la première martyre de la religion chrétienne.

En 1599, les facteurs d'orgues, les luthiers, les « faiseurs d'instru­ments de musique», reçurent leurs statuts et leur corporation fut érigée en confrérie sous le patronage de sainte Cécile.

 Les armoiries étaient d'azur à une sainte Cécile assise devant un buffet d'orgue, le tout d'argent.

Les festivités

II semble que ce soit à Londres que l’institution de festivités pla­cées sous l'égide de sainte Cécile ait pris naissance en 1683.

De nos jours toutes les associations chorales et instrumentales organisent de belles fêtes en l'honneur de leur patronne, le 22 novem­bre, jour anniversaire de la

dédicace par le pape Clément VIII de la basilique vénérée.

Une messe en musique est célébrée, après laquelle un banquet réunit tous les musiciens.

Sainte Cécile, qui repose sous l'autel de la basilique du Trans-tévère, est le phare symbolique qui brille à l'horizon de la Musique et vers lequel la plupart des

 musiciens et compositeurs lèvent leurs regards pour y puiser l'inspiration et la consécration de leur art.